Le hors circuit fait partie des tendances du moment. Je m’explique : Le recours à des solutions alternatives est dans l’aire du temps, quitte à désobéir aux lois. De plus en plus et dans de nombreux domaine, les créateurs de haute couture privilégient le hors circuit, une aspiration présente partout, non seulement dans le monde de la mode, mais aussi dans des activités totalement étrangères. Je pense à l’éducation, la santé ou encore dans le secteur du commerce. Une véritable vision et idéologie sont en pleines effervescences.

Défilé hors circuit
Défilé Sidi Tailoring au Royal Mansour (Maroc).

On assiste à une véritable défiance des circuits traditionnels, le format des quatre fashion weeks leaders est contesté : surmédiatisation, acheteurs et journalistes lassés, débauches de scénographies devenues plus importantes que les vêtements eux-mêmes, dilution des tendances.

Les défilés sont, aujourd’hui, organisés dans des lieux insolites, faisant un pied de nez aux plus grandes marques et aux stéréotypes des grands défilés : En pleine nature (forêt, carrière de pierre) ou dans des lieux surprenants (zoo, fabrique de bonbons, usine de farine, vallée enchantée de maisons de Hobbits).

L’idée est de mixer son savoir-faire local avec une démarche contemporaine dans un esprit de haute couture, sans jamais que le créateur n’élude son pays d’origine tant en termes de conception (matière et collaborateurs locaux) qu’en termes de présentations (défilés, boutiques). Les normes du goût sont aujourd’hui de plus en plus éclatées.

défilé hors circuit
Tunis Fashion Week 2017

En Afrique, nombreux sont les créateurs qui ont fait le choix de privilégier leurs terres natales comme point de départ pour la présentation de leurs nouvelles collections. Plusieurs grands défilés ont vu et verront le jour sur le continent Africain. Une chance pour les amoureux de la haute couture:

La Kampala Fashion Week (Ouganda), la Lagos Fashion and Design Week (Nigeria), la Tunis Fashion Week (la Tunisie sera d’ailleurs à l’honneur du prochain salon du textile et de la mode de Première Vision à Paris afin de promouvoir le renouveau de la filière textile tunisienne), la Dakar Fashion Week (Sénégal), la Fashion Week d’Abidjan (Côte d’Ivoire).

Une nouvelle génération de designers africains à l’aura internationale émergent comme Loza Maléombho (Ivoirienne qui a déjà habillé Beyoncé), ou Maki Oh (Nigériane qui a créé des tenues pour Rihanna ou Michelle Obama). Une certaine fierté d’appartenance est revendiquée. Au printemps dernier, pendant trois mois, les Galeries Lafayette ont célébré le dynamisme de la jeune scène créative africaine à travers l’événement baptisé « Africa Now ».

défilés hors ciruit
Loza Maléombho

Un changement de mentalité est en train d’opérer en Afrique. Le continent est de plus en plus mis en valeur et observer même par les grandes maisons qui n’y prêtées, jusqu’à aujourd’hui, que très peu d’attention. La mode, en sortant des sentiers battus, franchit une nouvelle étape dans son processus de démocratisation. D’ailleurs pour Ondine Saglio (directrice chez CSAO):

« Je n’ai jamais démarché aucune marque : toutes viennent à nous. C’est une façon de sortir ces étoffes de leur contexte traditionnel et de les faire vivre ».


Chez Sidi Tailoring, nous privilégions aussi le hors circuit comme pour notre défilié au Royal Mansour l’an passé. Je pense qu’il est important de trouver un juste milieu pour les marques afin de ne délaisser aucune source de visibilité.

S.Chakir

Laisser un commentaire